Raymond Laforest

Artiste Vigneron

VOYAGE DANS UN PAYSAGE

 

 

« Un matin d’octobre, raconte Raymond Laforest, j’attendais la machine à vendanger qui devait ramasser ma récolte. Rien de bien poétique dans tout cela. La machine tardant à arriver, je me suis retourné.
J’ai regardé le Luberon, qui se dresse derrière chez moi. Au-dessus de lui, encore sombre dans le petit matin, le vent chassait des nuages qui semblaient venir se déchiqueter contre lui. Et, tout à coup, le soleil levant est venu éclairer de ses rayons encore incertains ce ballet aérien.
Je n’ai pu détacher mon regard de cette scène. C’était tellement beau. Et je pensais à tous ceux qui dormaient encore et pour qui ce spectacle magnifique et éphémère serait perdu à tout jamais. »
Tout le peintre est dans ces quelques mots. Contemplation. Emotion. Partage.
Car, lorsque après un essuyage, il commence à scruter les formes qui viennent d’apparaître sur sa toile, ce sont les mêmes émotions, si vivement ressenties devant un paysage, qu’il cherche à retrouver pour les offrir à tous ceux qui regarderont plus tard sa toile.
C’est un travail patient de reconstruction, fait d’illuminations brutales et de moments d’incertitude,  d’enthousiasmes et de retours en arrière. Parfois, le peintre efface tout, essuie à nouveau, et repart en voyage à travers cette toile, où il invitera les autres à le suivre, une fois le but enfin atteint.
« C’est vraiment un voyage à l’intérieur d’un paysage, dit-il. Car je m’intéresse plus aux intervalles qui séparent les formes qu’aux formes elles-mêmes. Et, dans ces espaces immatériels, c’est le jeu de la couleur et de la lumière qui donne le sentiment du temps qu’il faut à l’œil pour parcourir un paysage. »
Aujourd’hui, Raymond Laforest  expose des toiles toutes conçues selon les mêmes règles rigoureuses. Elles le guident dans cette quête de l’absolu des paysages, que son regard sait si bien capter et son pinceau  si généreusement offrir à notre regard.

 

Giorda.

 

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